De la consommation à l’amour. Version 3/3

Vous paniquez. C’est terminé.

Tout ce qui allait, tout ce qui était parfait, tout ce qui vous convenait parfaitement, tout ce dont vous aviez besoin, tout cela vous saute aux yeux. Vous ne pouvez plus ignorer l’évidence.

Vous paniquez. Vous pleurez.

Avec qui d’autre allez-vous pouvoir prendre des cours de cuisine ?
Vous régaler devant un film français ? Regarder des comédies romantiques ? Voir des films en vo ?
Parler des heures et refaire le monde ?
Échanger sur des points de linguistique ? Sur votre boulot ?
Avec qui d’autre allez-vous pouvoir partir en we ? Voyager ? Visiter des musées ? Marcher des kilomètres et des kilomètres sans que cela ne pose problème ?
Qui d’autre va s’émouvoir autant que vous devant une peinture, un paysage ?

Avec qui d’autre allez-vous pouvoir jouer à des jeux vidéo et perdre lamentablement ?
Avoir envie d’apprendre le dessin et la musique ?
Qui d’autre va vous parler italien, anglais, espagnol selon son humeur et le resto dans lequel vous mangez ?
Qui d’autre va vous embrasser longuement à peine passé le pas de la porte ? Ne va pas pouvoir s’empêcher de vous toucher, de vous enlacer, de vous embrasser, de vous prendre la main quand vous vous baladez ?
Qui d’autre va vous masser en étant incapable de se taire ?
Qui d’autre va écouter vos histoires avec bienveillance et douceur ? A qui d’autre pourrez-vous tout raconter comme si vous parliez à votre meilleur ami ?
Qui d’autre va vous laisser le saouler pendant deux heures avec « chez tati t’a tout » ?
Qui d’autre va comprendre exactement ce que vous avez dans la tête ? Va penser exactement la même chose au même moment ? Va prendre autant de plaisir à observer les gens et à imaginer leur vie ?
Qui d’autre va regarder avec vous les nuages, les étoiles ?
Qui d’autre va appeler votre fils « mon lapin », « mon poulet » comme il appelle son propre enfant ?
Qui d’autre allez-vous pouvoir traîner dans des concerts, des brunches, des cafés théâtre et qui va adorer ?
Qui d’autre viendrait vous voir un jour de canicule alors que sa voiture est en panne ?
Avec qui d’autre l’arrêt hôtel de ville aurait autant de sens ?

Vous aviez trouvé votre shampoing, votre tout-en-un, votre alter ego.

Ça, c’était avant que vous ne gâchiez tout, que vos peurs ne gâchent tout.

Bien sûr, vous vous serez excusée, avec sincérité, vous aurez essayé de réparer… En vain.

Vous me direz que c’est un bonne nouvelle, que vous allez pouvoir retrouver le chemin des applis et vous lancer corps et âme dans de nouveaux ratés amoureux. Pour cela, il faudra patienter, un peu, beaucoup, car vous en êtes tout bonnement incapable.

Il avait tout pour vous rendre heureuse. Vous aviez tout pour le rendre heureux.

Comme dirait Cabrel, il n’ a « qu’à ouvrir l’espace de ses bras pour tout reconstruire ». J’espère qu’il le fera.

Mais pour le moment…

A ce stade, vous avez compris pourquoi il ne faut JAMAIS, JAMAIS, JAMAIS, JAMAIS écrire un râté à chaud ! Très vite, la petite fille en moi a cessé de pleurer et j’ai pu faire une relecture de cette brève mais finalement bien trop longue relation et aujourd’hui, j’en ai une vision bien différente.

A très bientôt !

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