Femme de militaire.

coeur Kaki

Bonjour, je m’appelle CC et j’ai été femme de militaire.

A vous ! « Bonjour CC »

Pire encore, j’ai été femme d’officier. Mais bon, tout va bien, je me soigne.

C’était il y a fort longtemps, c’était un autre temps, une autre vie, et la femme vénale qui sommeille en moi dirait un autre train de vie.

Officiellement j’étais sa femme, officieusement j’étais sa maîtresse.
Officiellement, l’armée était son travail. Officieusement, l’armée était sa femme.

Je peux l’avouer aujourd’hui, le statut de maîtresse a bien des avantages !

Être une femme de militaire consiste à être mariée mais avec un absent, un courant d’air. Mariée mais seule. (Les retrouvailles peuvent éventuellement compenser les séparations, mais ça, c’est une autre histoire.)

C’est épouser un homme qui a choisi pour métier une vocation et qui vit de sa passion (bien que mon ex-mari en ait une autre pour les jeux vidéos, le vélo, les voitures, les maisons, lui….). Bref, il était difficile de me faire une place, tout comme il était difficile pour lui de la garder. Il l’a d’ailleurs perdue !

Il m’a fallu apprendre à vivre seule mais à penser en couple, à gérer les longues et nombreuses absences mais aussi les courtes et rares présences.
Il m’a fallu apprendre à faire sans lui et me réadapter rapidement à chacun de ses retours afin de profiter au maximum du peu de temps à partager.

Selon les aléas du calendrier, c’était fêter anniversaire, Noël, nouvel an, pâques, Halloween, (que sais-je encore ?) seule et ça, c’était finalement le plus douloureux et perturbant.
Manger seule, se coucher seule, faire les courses seule (c’est peut-être de là que vient mon addiction aux sushis), aller aux urgences, à des soirées, à des dîners, au cinéma seule , accoucher seule…

C’était aussi lutter contre les préjugés, les clichés et les incompréhensions. Oui, en l’épousant je savais qu’il était militaire, and so what ? Est-ce pour autant qu’il n’avait pas le droit de me manquer ? Est-ce pour autant que 6 mois passent plus vite ? Est-ce pour autant qu’il ne fait pas un métier dangereux ? Et surtout, le kaki est-il saillant pour autant ? Non, non, non et NON !

Pour résumer, être une ex-femme de militaire :
C’était avoir quelqu’un à aimer mais ne pouvoir rien partager.
C’était avoir quelqu’un à qui penser mais personne auprès de qui se coucher.
C’était avoir quelqu’un à qui parler mais en temps limité.

Et pourtant étant assez indépendante, cela ne me dérangeait pas plus que cela. Je ne dis pas que je faisais péter le Champomy à chacune de ses absences (quoique…) mais, femme indigne que j’étais, je ne passais pas non plus de longs mois prostrée ou à attendre à la fenêtre le retour du mari prodigue.

Finalement, j’avais bien plus de mal avec ses présences !


2 réflexions sur “Femme de militaire.

  1. Melle Blanche dit :

    Le nombre de fois où j’ai entendu des femmes d’officiers dire « ils nous manquent mais alors au bout de 15 jours de présence qu’est-ce qu’ils nous gonflent à vouloir tout régir dans nos vies ».

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