Ma plus longue relation.

Après 15 longues années de je t’aime moi non plus, ma plus longue relation vient de se terminer.

On s’est rencontrés alors que nous étions tout jeunes, enfin surtout lui. Je venais d’arriver dans le sud de la France, je me sentais seule. Il m’a rappelé un ami d’enfance.

J’ai hésité entre lui et son frère. Des années plus tard, son frère a préféré ma sœur. Lui est resté à mes côtés même si je le soupçonne d’avoir aimé une femme qui lui ressemblait davantage.

Petit à petit, il a pris un peu plus de place dans les placards, dans les armoires, dans le canapé, dans mon lit et tout simplement dans ma vie. Nous avons appris à nous connaître, à nous apprivoiser.

C’était un vrai assisté. Un homme quoi !

Il ne rangeait jamais ses affaires, me laissait toujours laver son assiette, je devais lui préparer à manger alors qu’il était difficile et avait des goûts culinaires précis et douteux.

Il adorait l’eau… du robinet et prenait une tasse de lait chaque matin comme le grand enfant qu’il était.

Nous n’avions pas la même conception de l’hygiène. Il laissait des poils partout. Surtout sur mes vêtements.

Il ne tenait pas en place même avec deux plâtres mais pouvait passer des heures vautré sur le lit à ne rien faire.

Il avait un grand besoin de sommeil.

Il était d’une grande maladresse et a cassé plusieurs verres, tasses… et bien sûr, c’était à moi de réparer les dégâts.

Il pouvait être grognon voire agressif en cas de mécontentement mais savait se faire pardonner.

Il était possessif. Il me collait et montrer ostensiblement son amour.

Les années ont passé, il s’est laissé aller et a pris du poids.

Il se croyait invincible et l’a prouvé en faisant de la chute libre depuis le 4é étage.

Il avait un don pour disparaître pendant plus jours me laissant morte d’inquiétude. On finissait toujours par se retrouver et nous fêtions les retrouvailles.

J’ai rencontré un autre homme, plus jeune, qui me ressemblait davantage, qui avait besoin de moi.

Je l’ai délaissé mais je ne pouvais pas le quitter. Après tout ce que nous avions partagé…

Il se jetait sur les miettes d’affection et d’amour que je lui laissais.

Puis il est tombé malade. Nous avons fait l’autruche. Nous avons refusé de consulter.

Il a bien fallu se rendre à l’évidence : son état empirait.

Les reins lâchaient. Le spécialiste lui a donné un traitement. Son heure n’était pas encore venue.

Nous avions besoin de temps. J’avais besoin de temps. Pour nous reconnecter, pour nous rapprocher, pour lui rappeler que je l’aimais, pour le câliner. Pour lui dire que j’étais désolée de l’avoir délaissé.

Son état s’est dégradé. Il était si fatigué. Nous sommes retournés voir le même médecin.

Il était temps. Temps de se dire au revoir.

Alors on s’est regardés. Je lui ai dit que je l’aimais. Je l’ai remercié. Remercié de ne pas m’avoir quittée, de m’avoir supportée, de m’avoir aimée inconditionnellement, d’avoir traversé épreuves, chagrins et déménagements à mes côtés.

Il est ma plus longue histoire. Ma relation la plus stable.

A Nice, à mon Nounouille.

Nice : ma plus longue relation.

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